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.Effets
sur la flore bactérienne buccale d’un bain de bouche antiseptique
RESUME INTRODUCTION MATERIEL ET METHODES Pour chaque patient, la procédure a été la suivante : 1. Avant de faire asseoir le patient
pour son rendez-vous d’orthodontie, un échantillon de salive a été
prélevé (10 ml), sans qu’il y ait eu de stimulation de la
salivation. Chacun des échantillons inoculés a été mis en incubation à 37°C pendant 24 heures. Après quoi les colonies ont été comptées. A partir du nombre de colonies comptées dans chaque culture, la population totale de bactéries aérobies de chaque échantillon a été calculée, c’est à dire le nombre de micro-organismes par millilitre de salive, avant et après usage du bain de bouche Listerine. Le classement des données a été effectué au moyen d’une table d’allocation du nombre de colonies observées sur chaque échantillon avant et après traitement. Après quoi, la différence du nombre de micro-organismes observée dans le groupe témoin a été calculée de la façon suivante : - avant bain de bouche. - 30 secondes après bain de bouche. Avec les valeurs observées avant et après bain de bouche, la réduction de la population de micro-organismes a été évaluée et exprimée en pour cents. Des tests statistiques t de Student ont été appliqués à la différence obtenue pour déterminer la significativité statistique des différences. RESULTATS
La valeur de T était de Tc 3.69 (p<0.05) ce qui confirme l’existence d’une différence statistiquement significative entre les comptages bactériens avant et après bain de bouche. Dans le groupe témoin qui avait utilisé de l’eau distillée, la réduction de population microbienne observée était de 10%. DISCUSSION La flore buccale normale comporte parmi ses 400 différentes espèces2 un grand nombre de souches microbiennes à gram positif ou négatif, aérobies, anaérobies ou aérobies facultatives, ainsi que d’autres pouvant induire des infections des tissus dentaires, parodontaires et autres structures. Il existe néanmoins des facteurs environnementaux qui altèrent le développement normal de la flore bactérienne buccale et favorisent la contamination et la colonisation de la bouche par les micro-organismes. Les appareils fixes d’orthodontie en font partie. Chez ces patients, il a été démontré que l’utilisation d’appareils fixes d’orthodontie - indépendamment de l’hygiène buccale - augmente la population bactérienne aérobie à gram négatif de la salive : lactobacille et spirochète.3 Un autre groupe de micro-organismes pathogènes présents en bouche sont en provenance des tissu mous et des voies aériennes supérieures et peut se transmettre par la voie de la salive, des sécrétions respiratoires et du sang aux instruments de la pratique quotidienne. Parmi les agents infectieux impliqués dans les lésions buccales existent des virus comme celui de l’herpès, particulièrement dans les cas d’infection secondaire à une infection du tractus respiratoire supérieur.4 Le zona herpétique, la rougeole, les oreillons et la varicelle sont des exemples de pathologies d’origine virale. En ce qui concerne les bactéries, il n’existe pas d’exemple de contamination tuberculeuse de dentistes par des patients, bien que cette possibilité ne puisse être écartée. La tuberculose n’a pas été éradiquée et des données sérieuses indiquent qu’aux États-Unis, par exemple, cette affection qui avait décru de 6% par an sur trois décennies, a remonté de 9.4% de 1989 à 1990.5 Un autre facteur à prendre en considération est l’état immunologique du patient. Les patients atteints de déficiences immunologiques telles que celles dues au SIDA, à l’alcoolisme ou à la drogue, sont plus sensibles aux attaques d’agents pathogènes opportunistes. De même, les maladies systémiques ou les traitements qui altèrent le système immunitaire sont un facteur important de développement des infections buccales.6 En raison du risque élevé en pratique dentaire quotidienne, les mesures préventives destinées à la protection du personnel devraient comprendre le port de gants, de masques, de protections oculaires et de vêtements de travail. Les masques doivent être efficaces à 95% contre les particules de 3 à 5 µ et doivent être changés toutes les heures. Les protections oculaires doivent être assez larges pour protéger de la diffusion aérosol.7 Pour protéger le patient, il existe plusieurs méthodes de désinfection et de stérilisation qui devraient éliminer le risque de contamination croisée et d’infection. En ce qui concerne les bains de bouche, des études ont été effectuées depuis les années 70 quant à leur intégration aux protocoles standard de maîtrise de la contamination. A cette époque leur efficacité pour réduire la population buccale totale de micro-organismes avait été démontrée. L’AHA (American heart Association) a donc recommandé leur usage en tant que mesure prophylactique chez les patients présentant un risque d’endocardite infectieuse.8 Les conclusions au sujet de l’efficacité des bains de bouche, et dans ce cas précis de la Listerine, suggèrent qu’un bain de bouche antiseptique devrait être inclus dans tout programme standard de prophylaxie. A ce sujet, les Drs Fine, Mendetia et coll. ont souligné en 1992 que les effets des bains de bouche antiseptiques ne peuvent s’expliquer uniquement par leur action de rinçage. Ils affirment que leur effet principal est l’activité de l’antiseptique sur la réduction de la flore bactérienne, et que l’effet résiduel sur la salive n’influence pas le compte des bactéries survivantes dans l’échantillon.9,12 La Listerine est un antiseptique dont le mécanisme d’action est de dénaturer les protéines des bactéries. Elle peut également agir sur les virus, particulièrement sur ceux qui sont sensibles aux solvants organiques. Pour cette raison, certaines études ont démontré que Listerine avait - parallèlement à ses effets anti-bactériens - des effets anti-viraux. Il a été démontré qu’un bain de bouche de 30 secondes avec Listerine avait un effet anti-viral de 96.3% contre l’herpès simple de type I et II et de 100% sur les virus de type grippal. En ce qui concerne les autres virus, des réductions de 12.2% du Rotavirus et de 14.8% de l’Adénovirus représentent des valeurs non significatives pour ce qu’on attend d’un bain de bouche.10 Considérant les résultats de cette étude, on peut affirmer que s’il existe une réduction de 85% de la flore bactérienne salivaire, le risque de contamination des instruments s’en trouve réduit et donc le risque de contamination croisée des patients. Un bain de bouche en tant que mesure prophylactique doit être précédé d’une recherche d’antécédents bien conduite, d’un vaccin contre l’hépatite B, et suivi d’un lavage de mains, du port de gants et de masques. L’importance de la prévention des contaminations au cabinet dentaire est soulignée par le nombre de publications à ce sujet.11 Elle est développée dans les écoles dentaires. L’AADS (American Association of Dental Schools) a publié un document intitulé “Guide Clinique du Contrôle Infectieux” soulignant la nécessité d’adopter des mesures préventives pour réduire le risque de contamination. CONCLUSION Bien que la majorité des cabinets dentaires désinfectent et stérilisent leurs instruments et emploient des protections comme les gants, les masques et les vêtements de travail, il est évident qu’une méthode simple et économique comme le bain de bouche peut augmenter l’efficacité des mesures préventives du risque de contamination au cours de l’exercice de la pratique dentaire. Les auteurs n’ont aucun intérêt financier dans les produits Listerine. Il s’agit d’un bain de bouche antiseptique qui correspondait aux impératifs de cette étude. Les auteurs autorisent l’Orthodontic Cyberjournal à publier ces données. BIBLIOGRAPHIE 1. Cattone JA, Molinari JA, 1991,
State of the-art lnfection Control in Dentistry,JADA,123:33-41. Traduction : Philippe Mollard, PhD. Paris, France. ajodo1ef@aol.com. |